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 Stage avec Ludovic Fournet (théorie)

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Mysou
Equin'éthique attitude!
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Féminin Age : 29
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Localisation : Bruxelles, Belgique

MessageSujet: Stage avec Ludovic Fournet (théorie)   Lun 9 Nov - 19:19

Je vous remets ma version des notes de théorie du stage de Ludovic, version basée sur les notes de Virginie (si je ne me trompe pas?) et complétée par mes notes.



Avant toute chose, Ludovic rappelle que le contrôle du cheval doit précéder la relation et le travail qu’on veut établir avec lui. Il est donc primordial de commencer par apprendre à contrôler chaque partie du cheval (7 jeux de Parelli) avant d’aller plus loin.
Ce qu’on est venu faire lors de ce stage, c’est apprendre à communiquer avec son cheval. Donc, un peu de théorie sur la COMMUNICATION.

L'humain a deux modes de communication à sa disposition :
- la communication verbale
- la communication non verbale
Pour communiquer avec les chevaux, qui n'utilisent pas la communication verbale "au naturel", on a intérêt à maîtriser un minimum la communication non verbale : ce que Ludovic fera bosser aux stagiaires. Et pour apprendre à maîtriser la communication non verbale, il faut, à un moment, se passer complètement de la communication verbale. Ludovic a pris l'exemple d'apprendre à écrire avec la main droite (car il est gaucher). S’il veut vraiment apprendre à écrire correctement avec la main droite, il faut qu'il s'oblige à ne pas utiliser la main gauche pendant de longs moments. Donc pour nous avec les chevaux, mettre la voix de côté dans un premier temps, pour se forcer à utiliser le langage non verbal.

La communication non verbale a trois composantes :
- la communication émotionnelle : même quand on n'en est pas conscient, le cheval ressent nos émotions et notre état émotionnel lui donne des informations. La communication émotionnelle a une incidence sur les deux suivantes.
- la communication posturale : en gros, c'est notre position (buste en avant, redressé, ou au contraire relâché, bras pendants ou au contraire tendus....)
- la communication gestuelle : les gestes qu'on fait (donc implique un mouvement, contrairement à la communication posturale qui est quasi statique).
Les communications posturale et gestuelle dépendent des émotions, il faut donc se rendre compte que le cerveau émotionnel gère tout le reste. Si on n’est pas dans une « bonne émotion », la communication posturale et gestuelle sera parasitée. Il faut donc prendre conscience de l’importance des émotions et essayer de les contrôler. Ce principe de l’importance des émotions est relié à l’empathie, au fait que lorsqu’on est près des chevaux, on est bien même sans rien faire. Les chevaux nous font du bien sans qu’on ne sache pourquoi ; c’est purement émotionnel.

De là découle l’ordre des aides :
- Au sol : d’abord le focus, puis la posture, et enfin le geste.
- En selle : d’abord le focus (on regarde où on veut aller), puis l’assiette (posture) et enfin la jambe et la main (geste).

On passe aux 4 piliers de la communication non verbale, en gros, les indispensables pour bien communiquer avec son cheval.
1) le feeling : ce que le cavalier perçoit de sa monture (ce qu'elle lui envoie comme informations) et ce qui se crée comme relation entre le cheval et le cavalier.
2) le tact : c'est savoir demander poliment à son cheval, savoir s'adapter à lui, à sa personnalité, à son état au moment présent. En langage technique Parelli, le tact, ce sont les phases. Il faut suggérer (phase 1), demander (phase 2), dire (phase 3) et promettre (phase 4) en langage Parelli, ou encore pour la méthode La Cense « poil, peau, muscle, os ». Si on arrive jusqu’à la phase 4, elle doit être courte, et si elle n’est pas efficace, on la transforme en phase rythmique.
3) le timing : c'est l’état de parfaite synchronicité temporelle entre l'action du cavalier et la réponse du cheval, et vice-versa !
Le tact et le timing s’apprennent. Par contre, le feeling est quelque chose d’inné. Heureusement, on peut apprendre deux piliers sur trois !
4) l'esprit juste : concept zen issu des arts martiaux et qui consiste à être dans l’instant présent, état de calme, de sérénité… Essayer de se libérer des émotions qui n'ont rien à voir avec le cheval (et même, apprendre à savoir s'en libérer), être dans le moment présent avec son cheval, ne pas penser à autre chose que ce que l’on fait sur le moment --> renvoie à la communication émotionnelle. Il faut être calme, bienveillant et dans l’instant présent à tout moment et en toutes circonstances.

L’anthropomorphisme
On dit qu’il ne faut pas faire d’anthropomorphisme (prêter à un animal des émotions humaines), mais Ludovic dit qu’il faut en faire, mais en être conscient (donc au début, tant qu’on n’est pas prêt, il ne faut pas en faire). Il faut être conscient du patrimoine qu’on a en commun avec les chevaux. Le cerveau limbique (qui gère les émotions) est identique pour tous les mammifères.
Il y a 4 grandes émotions communes aux hommes et aux chevaux (et à tous les mammifères) : l’attachement à la mère, la joie, la peur et la tristesse. Toutes les autres émotions que l’on ressent sont des combinaisons de ces 4 émotions de base. Si on ne réalise pas que les animaux ont des émotions, ça nous permet de tout leur faire, on se dédouane des comportements qu’on peut avoir vis-à-vis d’eux.
C’est nous qui travaillons, le cheval connait déjà la communication non-verbale, c’est nous qui devons l’apprendre ! Ludovic nous fait alors remarquer que jusqu'à présent, on n'a pas parlé de technique (d'une) et quasiment pas du cheval (de deux).
D'où une remarque très importante : si on veut devenir un très bon homme de cheval (ou femme, oui, oui), on doit commencer par faire un travail sur soi pour maîtriser les piliers et les trois composantes de la communication non verbale.
Toutes les théories qu’il nous donne aujourd’hui viennent de grands « maîtres » tels que Parelli, Karl, Willis, Dorance, ou encore des éthologues (scientifiques) tels que Kiley-Worthington, Miller… Il n’a rien inventé lui-même.
En France, on a l’équitation éthologique, l’équitation naturelle ou encore l’équitation comportementale. Ludovic se reconnait plus dans le Horsemanship. La définition « officielle » de ces équitations est la mise en application dans un milieu équestre des connaissances scientifiques. On essaie donc que l’équitation soit la plus naturelle possible pour le cheval, elle devient donc de moins en moins naturelle pour nous. C’est donc à nous que reviens la majorité des apprentissages (moteurs, sensoriels et émotionnels). Ce travail commence par reconsidérer le cheval. Le cheval n’est pas un outil.
Il faut considérer le cheval comme une entité émotionnelle. Parelli dit que le cheval, c’est une émotion sur 4 pattes. Au début de notre apprentissage, il faut regarder le global, entrer en relation avec le cheval et ne pas se concentrer sur des détails, des positions précises, etc…

À travailler :
- Augmenter notre perception sensorielle car on est très en retard sur le cheval
- Tuer le langage verbal
- Tuer l’égo
- Développer son intelligence émotionnelle, c’est-à-dire identifier son propre état émotionnel et celui de son cheval et raisonner, comprendre le cheminement de ces émotions et gérer ses propres émotions
- Être conscient de notre espace, l’espace qu’on donne ou l’espace qu’on prend au cheval

Approche psychologique du cheval
L’équitation découle d’une association non naturelle entre une proie et un prédateur. La proie a une pensée latérale (une antilope qui va aller boire fait trois pas à gauche, s’arrête, regarde aux alentours, puis trois pas à droit, s’arrête, vérifie que le chemin est libre, etc…) alors que le prédateur a une pensée directe (le lion va droit à la mare et boit).
Le cheval est une proie. Selon la théorie du docteur Miller (La nature du cheval) une proie a 8 secrets :
- L’instinct de fuite (n’importe qui, en présence d’un danger, court pour sa vie)
- La perception du danger (la perception beaucoup plus fine de son environnement, les sens du cheval sont 100 fois plus fins que ceux de l’homme)
- Le temps de réaction (lié au timing ; une proie joue sa survie dans le court laps de temps qui s’écoule entre le moment où elle reperd un danger et le moment où elle s’enfuit)
- La désensibilisation (une proie doit se désensibiliser aux arbres qui bougent par exemple, elle doit pouvoir reconnaitre les bruits « normaux » et ne plus en avoir peur)
- La mémoire (se souvenir des dangers, des choses sans dangers…)
- La cohésion, grégarité (une proie a plus de chance de survie en groupe qu’isolée)
- Le langage du corps (les proies se préviennent entre elles d’un danger, le langage du corps doit être très clair pour être transmis rapidement)
- Le contrôle du/par le mouvement (celui qui fait bouger domine celui qui bouge)
Toutes ces notions peuvent être reliées et utilisées lors du travail avec le cheval. « Le cheval apprend ce qu’il vit et vit ce qu’il apprend ».

Les besoins vitaux du cheval
Dans l'ordre : sécurité > confort > alimentation > jeu
Concernant l’alimentation : un cheval passe 80% de son temps à manger. Donc, si on lui donne à manger, on a 80% de chance de devenir son ami ! Ludovic a fait un aparté sur les techniques de RP, type clicker. Selon lui, ces techniques où on utilise des récompenses alimentaires ne peuvent fonctionner que si les deux premiers besoins du cheval sont satisfaits, à savoir la sécurité et le confort. Donc, pas la peine d'utiliser le RP sur un cheval en situation de stress, ou même tout simplement anxieux ou pas en confiance. Il en déduit aussi que les techniques type clicker fonctionnent plus facilement avec des LB qu'avec des RB, puisque les LB sont plus naturellement en confiance vis à vis de l'homme.
Concernant le jeu : il permet au cheval d'établir des liens sociaux, d'établir une hiérarchie et de faire l'apprentissage de la motricité.

Les différentes personnalités du cheval et les stratégies d’approches
Avec le cheval, on peut avoir deux problèmes :
- La fuite, qui peut être liée soit à une peur, soit à un inconfort (tu ne m’intéresses pas, tu m’ennuie donc je me barre).
- La dominance, qui peut se mettre en place par le mouvement ou au contraire par l’immobilité.
Face à un problème, on n’a pas besoin d’appliquer une méthode de A à Z. Le mot d’ordre est de toujours savoir d’adapter au cheval.
Ludovic nous a fait une présentation succincte des horsenalities de Parelli (outil très pédagogique selon lui si il est utilisé correctement). C'était donc volontairement résumé.

Les horsenalities de Parelli
- Le cheval joueur et qui aime bouger (LBE) ; le but est de le rendre obéissant
- Le cheval désintéressé, placide, mou et qui n'aime pas bouger (LBI) ; le but est de le rendre motivé
- Le cheval agité / affolé, qui a besoin de bouger (RBE) : le but est de le rendre calme
- Le cheval anxieux, timide, qui n'aime pas bouger (RBI) : le but est de le rendre confiant
Les deux LB sont des chevaux penseurs, avec un fort mental. Ils nous disent souvent : "Je ne veux pas", "Prouve-moi que...". Avec ces chevaux, il faut travailler d'abord le respect. On utilise la sensibilisation. Il faut les convaincre.
Les deux RB sont des chevaux avec un mental plus faible, incohérent. Ils nous disent : "Je ne peux pas". Avec eux, il faut travailler d'abord la confiance. On utilise la désensibilisation. Il faut les rassurer.
D'où l'intérêt, quand on aborde un nouveau cheval, de le cerner rapidement : a-t-il plutôt besoin de confiance ou d'être plus respectueux ? Sinon, on risque, au mieux de faire des exos inutiles, au pire de faire des exos potentiellement sources de danger.
Les LB bougent difficilement leurs épaules, car c'est ce qui leur permet d'affirmer leur place (un cheval LB fera bouger le cavalier surtout avec la pointe de son épaule, d’où le premier exercice à pied du contrôle de l’épaule à distance). Par contre, ils n'ont pas de problème pour bouger les hanches quand on leur demande. Et même, ils utilisent ce mouvement de hanche pour toujours se remettre face au cavalier.
Les RB au contraire vont plus facilement bouger leurs épaules si on leur demande, par contre, ils n'aiment pas avoir à bouger les postérieurs, car c'est ce qui leur permet de fuir, ils veulent en garder le contrôle.

Les stratégies de leadership
La première chose à faire pour se poser en leader, c'est de (bien) s'adapter à son cheval. Donc,
- Si on a un cheval penseur : faire en sorte qu'il ait des pensées positives ;
- Si on a un cheval bougeur : faire en sorte qu'il ait des actions positives, à l’opposé de réactions instinctives ;

Régler la question de la dominance (celui qui fait bouger l'autre) ; les moyens : être le plus immobile des deux, être celui qui fait le plus bouger l'autre ! Les chevaux LB utilisent ces moyens (le LBE utilise plus le mouvement pour conquérir la place, le LBI utilise plus l'immobilité pour obliger le cavalier à bouger)

Régler le problème de la fuite : un cheval fuit - physiquement ou mentalement - soit parce qu'il manque de confiance, soit parce qu'il arrive à saturation (trop de répétition, trop de trucs rébarbatifs -> exemple : cas du cheval qui nous fuit quand on arrive au pré avec le licol).

Et sinon, le leadership (aussi appelé "autorité naturelle" par Ludovic), comment on l'obtient ? D'abord, une remarque dans la société des hommes : une personne qu'on reconnaît "naturellement" comme leader (qu'on suivrait et qu'on écouterait), c'est une personne en qui on a confiance et que l'on respecte.
Donc (et là, attention, c'est un donc peut-être un petit peu usurpé : peut-on passer d'une remarque valable pour les humains à une généralisation aux chevaux ?... NDLR), pour gagner une autorité naturelle sur le cheval, il faut obtenir sa confiance et son respect, à des degrés variables selon les personnalités des chevaux, comme on l'a vu plus haut.

Les outils pour obtenir la confiance : désensibilisation / habituation
La désensibilisation implique une intervention de l'homme : c'est l'homme qui présente un objet (au sens large : objet matériel, bruit, geste) au cheval. Pour l'habituation, il n'y a pas intervention de l'homme ; par exemple, on parlera d'habituation pour un sac plastique accroché dans une branche du pré (que le vent a déposé là) : le cheval va s'habituer, ou pas, à ce sac plastique qui bouge et fait du bruit. La désensibilisation se fait avec des mouvements rythmiques, non associatifs.

Remarque importante : la désensibilisation implique la confiance en l'homme, en ce qu'il demande ; en fait, quand on fait de la désensibilisation avec un cheval, on ne cherche pas tant à ce que le cheval n'ait plus peur d'un objet particulier, mais on cherche à ce que le cheval fasse confiance à l'homme et qu'il comprenne que quand le cavalier l'expose à une chose potentiellement flippante, en fait, ce n’est pas dangereux pour lui. C'est le but d'une désensibilisation réussie. Ceux qui ne jurent que par l’habituation n’ont donc pas ce volet de confiance en l’homme.

Deuxième remarque importante : lors d'une désensibilisation, il ne faut pas confondre l'acceptation (cheval détendu) et la tolérance (le cheval ne bouge pas, il a apparemment accepté l'objet qui fait peur, mais en fait, à l'intérieur, il est tendu et peut péter un câble à tout moment).

Les outils pour obtenir le respect : sensibilisation
Le respect est défini comme la capacité du cheval à répondre avec légèreté (physiquement, mais surtout mentalement) à la demande de l’homme. Le respect, ce n'est pas la contrainte.
Pour sensibiliser à un objet (au sens large), il faut utiliser une pression continue et les phases (avec une vraie phase 4, voire une phase 5 en "rythmique" si on veut avoir une vraie légèreté).

À ce sujet, deux remarques en aparté :
1 - En fin de journée samedi, des chasseurs se sont fait entendre aux alentours. Une des stagiaires, Aurélie, travaillait avec son cheval justement sur l'emploi des phases. Je ne sais plus de quel exo il s'agissait. Toujours est-il qu'elle avait été obligée d'aller en phase 4 pour que son cheval réagisse. Et là, BAM !! coup de fusil. Le cheval a réagi au quart de tour... phase 5 efficace !!
2 - Ludovic a plusieurs fois, pendant la théorie et pendant la pratique, insisté sur cette fameuse phase 4 qu'on est nombreuses (et oui, c'est plutôt un truc de filles) à avoir du mal à employer. Pour dédramatiser, il nous a parlé de légèreté, du fait qu'une phase 4 ne fait pas mal au cheval (et c'est vrai, essayé sur ma propre cuisse par moi-même cet après-midi) et qu'il fallait monter en phase en restant le plus neutre possible émotionnellement. Une phase 4, ce n'est pas nous qui donnons un coup au cheval, une phase 4 c'est le cheval qui ne s'est pas soustrait de nos indications préalables.

La différence entre une sensibilisation et une désensibilisation se joue au niveau du timing : c’est le moment où on relâche qui enseigne. Si on relâche au moment où le cheval bouge, on sensibilise. Si on relâche au moment on le cheval ne fait rien, on désensibilise.

Attention !
- Respect ≠ crainte
- Stimuler ≠ effrayer
- Efficacité ≠ aggressivité

Les stratégies d’apprentissage
Il y a deux types de conditionnements :
- Le conditionnement pavlovien : c’est un réflex appris qui n’a plus de « sens ». Le chien salive au son de la clochette car on a associé le son de la clochette à l’arrivée de la nourriture.
- Le conditionnement opérant : c’est celui que l’on utilise avec les chevaux. Il se base sur les principes de renforcement et de punition, ainsi que sur l’apprentissage par essai/erreur.

La capacité du cheval à réussir le problème qui lui est posé vient de sa capacité à mettre en œuvre le comportement adéquat. Lorsque le cheval cherche une réponse, il est important de le laisser chercher et de ne surtout pas punir le fait de chercher la bonne réponse.

Petit rappel sur les renforcements et les punitions
R+ : ajout d’un stimulus appétitif après la bonne réponse pour augmenter la probabilité d’apparition de la bonne réponse lors de la prochaine demande (donner une récompense, une caresse, une grattouilles, une félicitation vocale…).
R- : retirer un stimulus aversif après la bonne réponse pour augmenter la probabilité d’apparition de la bonne réponse lors de la prochaine demande (arrêter la demande, enlever la pression, laisser le cheval tout seul, lui tourner le dos…).
P+ : ajout d’un stimulus aversif après apparition de mauvaises réponses ou de comportements non souhaités (frapper le cheval quand il mord…).
P- : retirer un stimulus appétitif après apparition de mauvaises réponses ou de comportements non souhaités (ne pas nourrir le cheval quand il a fait une bêtise…).
Avec le cheval, seuls les renforcements peuvent fonctionner et être compris par les chevaux. Il faut bannir les deux types de punition.

Il existe un catalyseur principal à l’apprentissage : la motivation. Elle peut être différente en fonction des chevaux : nourriture, caresse, grattouilles, câlins, jeux intéressants, nouvel exercice…
Cependant, il existe également un inhibiteur important à l’apprentissage : le stress. Il est donc important de reconnaitre les différents marqueurs de stress chez le cheval (mâchoires serrées, encolure tendue, queue plaquée, œil blanc, reculer contracté…). Il faut faire attention à ne pas franchir le seuil de tolérance du cheval sinon le cerveau émotionnel se déconnecte et le cheval ne peut plus apprendre.
Les différents outils à notre disposition sont donc le R- et le R+. L’utilisation du R+ uniquement est à proscrire car elle donne des chevaux jamais posé, over-stimulés, qui passent leur temps à proposer, à se demander "mais qu'est-ce que je dois faire pour avoir ma carotte cette fois??".
Il y a plusieurs phases dans le travail :
- La phase d’apprentissage, où on n'utilise que le R-, avec le principe des phases (1/2/3/4).
- La phase de raffinement, où on utilise aussi le R-, mais en introduisant une phase 0 (la voix) et les phases s'utilisent différemment (0/1 --> 4). La phase 0 permet d'aller vers la liberté. Une fois la bonne réponse obtenue, on utilise alors le R+, soit continu (à chaque fois), soit partiel (pas à chaque fois).
Les chevaux ne sont pas du tout sujets au phénomène d’extinction d’un apprentissage, il est donc important de bien réfléchir avant de leur apprendre quelque chose car une fois appris, ils ne l’oublient jamais !
Il est très important de mixer les apprentissages : varier entre apprentissage statique et dynamique, et entre l’apprentissage de la confiance et du respect. Il faut également faire confiance à l’apprentissage latent qui est très important chez le cheval (on a tous eu un cheval qui fait mieux un nouvel exercice après avoir dormi dessus !).

L'expression "Jouer avec son cheval" (en rapport avec les jeux Parelli)
Il faut être bien conscient que ce que nous, on appelle "jeux", reste, dans la grande majorité des cas, des situations de travail pour le cheval. Par contre penser "jeu", c'est arriver avec un certain état d'esprit positif et ouvert, un état d'esprit qui nous fera prendre les choses de façon positive, avec joie, ouvert à ce que dit le cheval et ce qu'il peut proposer. Donc des objectifs certes, mais ne pas être buté au point de ne pas quitter la carrière tant qu'on n'a pas réussi à faire ce qu'on voulait.

Un cheval qui ne fait pas ce qu'on lui demande, la plupart du temps, soit il ne comprend pas (demande brouillonne...), soit il ne peut pas (car il a une douleur, ou la surcharge de l'avant-main, accentuée monté, ne lui permet pas, ou bien son inflexion naturelle lui rend le mouvement difficile…). Là encore : se remettre en question. Il y a des cas où le cheval ne fait pas car il ne veut pas, et quasi tout le temps, ce sont des LB.
Un cheval qui teste souvent les places de chacun, même gentiment, c'est certainement un cheval pour qui ce n'est pas clair dans sa tête qui fait bouger qui.

Les positions de jambe :
- à la sangle : bouger les épaules
- légèrement en arrière de la sangle : déplacement latéral
- en arrière de la sangle : bouger les postérieurs

"Oui, mais..."
Tiboy nous en a montré un bel exemple. Sarah lui demande de reculer, ce qu'il fait (lentement) et en terminant son reculer, il laisse un antérieur bien en avant. Ça c'est le "oui mais" typique des LB, et c'est un cas où le respect n'est pas total (du point de vue de la légèreté de la réponse).

Les types de rênes

Il y a 2 grands types de rênes :
- Les rênes inactives demandent au cheval de ne rien faire, de s’arrêter. Elles contrôlent les flexions d’encolure.
- Les rênes actives demandent quelque chose au cheval. Il existe deux types de rêne active : la rêne directe, qui contrôle l’antérieur (on ouvre la rêne du côté où on veut déporter l’antérieur) et la rêne indirecte, qui contrôle le postérieur (on ramène la rêne du postérieur que l’on veut désengager vers le sein opposé).
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la_mouette
c'est l'heure du débourrage!
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MessageSujet: Re: Stage avec Ludovic Fournet (théorie)   Lun 9 Nov - 20:13

Merci beaucoup pour le partage, je me suis régalée à lire tout ça. Jamais eu l'occasion de faire un stage avec lui mais je le suis depuis longtemps sur FB alors c'est chouette d'en savoir plus.
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Tayci
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MessageSujet: Re: Stage avec Ludovic Fournet (théorie)   Lun 9 Nov - 23:46

ça me rappel son stage dans mon coin j'étais là en auditeur ! c'est presque mes notes Razz
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Mummy
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MessageSujet: Re: Stage avec Ludovic Fournet (théorie)   Mar 10 Nov - 12:26

aaah c'est trop bien ! merci beaucoup pour ce résumé, je vais m'y plonger dès que j'ai un peu de temps.
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MessageSujet: Re: Stage avec Ludovic Fournet (théorie)   

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Stage avec Ludovic Fournet (théorie)
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